L'ART DU PORTRAIT

L'ART DU PORTRAIT
L'ART DU PORTRAIT. Bronzino, portrait de Laura Battiferri

Borgo - Procession de la Granitola - Mirror's session - Antoine Giacomoni

COPYRIGHT: Antoine Giacomoni.





Borgo

Village of my mother, village where I was born. Thursday evening of the Holy week, the mirror is in the presbytery. On the church square takes place the procession of the Granitola into a spiral.That is here that the 31st of July 1944 Saint-Exupery flew for his last mission. It is from the top of the hill, behind the gravestone's glass door built by my father that, when my hour comes, I will contemplate the sea for eternity.




U Borgu

Paese di mama, induve sò natu. Ghjovi à sera, settimana santa, u spchju hè in u presbiteriu, in piazza à a chjesa facenu a Granitula. Ghjè da qui ch'ellu partì pè l'ultimu viaghju u 31 di lugliu 1944, Saint Exupery. Da quassù nantu à a cullette, da daretu à a porta di vetru di a tomba ch'ellu fece babbu, un ghjornu guarderaghju u mare pè u sempre. 




Borgo

Village maternel, village natal. Jeudi soir de la semaine sainte, le miroir est dans le presbytère, sur la place de l'église se déroule en spirale la procession de la Granitola. C'est ici que le 31 juillet 1944 Saint Exupery s'envola pour sa dernière mission. C'est d'en haut sur la colline derrière la porte de verre du tombeau construit par mon père qu'a mon heure venue, je contemplerai la mer pour l'éternité.




Borgo

Paesino della mama, paesino dove sono nato. Giovedì sera della settimana santa, lo specchio è nel presbiterio; sulla piazza della chiesa si svolge a spirale la processione della Granitola. È da qui che il 31 Luglio 1944, Saint Exupery partò per l'ultima missione. È dalla cima della colline, dietro la porta da vetro costruita dal mio padre, che quando verrà il mio tempo, contemplerò il mare per l'eternità. 




Le texte et les images sont extraits du livre: Antoine Giacomoni, la Corse à travers le miroir.
(c) Antoine Giacomoni, La Marge Edition.

La traduction en langue Corse : È due Patrizie.
La traduction en Anglais et en Italien : Céline Stass.
Remerciements.






Images:

1/6 : Jean-Jacques BLANC, confrérie Santa Croce
2/6 : Dominique ANTONIONI, confrérie Santa Croce
3/6 : Le pénitent blanc
4/6 : Enfants de la confrérie Santa Croce de BORGO
5/6 : Pénitent rouge
6/6 : ANTOINE GUERRINI, BORGO



















































































































(...) cette nuit là je ne le vis pas se mettre en route. Il c'était évadé sans bruit. Quand je réussis à le rejoindre il marchait décidé, d'un pas rapide. Il me dit seulement:
" Ah tu es là... "
Et il me prit la main. Mais il se tourmenta encore:
" Tu as eu tort. Tu auras de la peine. J'aurai l'air d'être mort et ce ne sera pas vrai... "
Moi je me taisais.
" Tu comprend. C'est trop loin. Je ne peux pas emporter ce corps- là. C'est trop lourd. "
Moi je me taisais.
" Mais ce sera comme une vieille écorce abandonnée. Ce n'est pas triste les vieilles écorces... "
Moi je me taisais.
Il se découragea un peu. Mais il fit encore un effort:
" Ce sera gentil, tu sais. Moi aussi, je regarderai les étoiles. toutes les étoiles seront des puits avec une poulie rouillée. Toutes les étoiles me verseront à boire... " 
Moi je me taisais.
" Ce sera tellement amusant! Tu auras cinq cents millions de grelots, j'aurai cinq cents millions de fontaines... "
Et il se tut aussi, parce qu'il pleurait...

" C'est là. Laisse moi faire un pas tout seul... "
Et il s'assit parce qu'il avait peur. Il dit encore :
Tu sais... ma fleur... j'en suis responsable! Et elle est tellement faible! Et elle est tellement naïve. Elle a quatre épines de rien du tout pour la protéger contre le monde.

Moi je m'assis parce que je ne pouvais plus me tenir debout. Il dit:
" Voilà... c'est tout... "
Il hésita encore un peu, puis il se releva. Il fit un pas. Moi je ne pouvais pas bouger.
Il n'y eut rien qu'un éclair jaune près de sa cheville. Il demeura un instant immobile. Il ne cria pas. Il tomba doucement comme tombe un arbre. Ca ne fit même pas de bruit, à cause du sable.


LE PETIT PRINCE

(c) ANTOINE DE SAINT - EXUPERY,  ED. GALLIMARD
Remerciements.
















(c) Page réalisée par Antoine Giacomoni et Denis Stass pour mandrakimage